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Plaidoyer pour la vidéo-protection

La Ville de Dijon a mis en place un système de vidéo-protection. 26 caméras ont été installées dans les principales rues du centre-ville. Leurs images sont transmises au Commissariat de Police, place Suquet. Le Gouvernement ayant débloqué des crédits pour encourager les villes à se doter de tels dispositifs, l’Etat a largement contribué à financer cette initiative en apportant 200.000 euros.

J’ai été surpris de la polémique suscitée par cette mesure à l’époque. Encore aujourd’hui, on ne sent pas tous les élus à l’aise sur cette question.

Or, évidemment, quelqu’un qui n’a rien à se reprocher n’a rien à craindre à être filmé. Au contraire, il se sait protégé.

De plus, je rappelle que la vidéo-protection est déjà largement rependues dans les lieux publics, que ce soit dans les bus du réseau Divia ou dans les centres commerciaux.

Enfin, la Ville de Dijon a mis en place des garde-fous pour éviter d’éventuels abus : elle a créé, à la suggestion de François-Xavier Dugourd, un Comité d’éthique ; elle s’est dotée d’un logiciel empêchant les agents de police de voir l’intérieur des appartements ; elle ne conserve les bandes que 7 jours.

A mes yeux, la vidéo-protection a une double utilité. D’abord, elle a un rôle préventif en dissuadant la réalisation d’actes délictueux. Ensuite, elle facilite l’ouverture des enquêtes, notamment dans les cas de violence à la personne, de vols et de tags. Ce fut le cas au mois d’avril 2009 lorsque 9 dealers occupés à revendre de la cocaïne square Darcy furent repérés grâce aux caméras.

Le dispositif dijonnais est-il aujourd’hui abouti ? Probablement pas. Il n’aura de porté réelle qu’à sa généralisation. Sans cela, on risque de se contenter de déporter la délinquance aux abords du centre-ville. Ensuite, il faudrait installer cet outil dans les quartiers de Dijon les plus frappés par la délinquance, notamment pour prévenir les feux de voitures, les jets de pierre sur les bus et les rodéos automobiles.

Enfin, bien sûr, la politique de la Ville pour la tranquillité publique des Dijonnais ne saurait se limiter à la vidéo-protection. La caméra n’est qu’un maillon de la longue chaine allant de la prévention à la sanction.

 

2 commentaires

  1. PIERROT
    7 mai 2010

    Vous avez raison de rappeler que c’est François-Xavier Dugourd qui a proposé la création d’un Comité d’éthique indépendant pour veiller à la bonne utilisation des images, au respect de la vie privée des personnes filmées et de la liberté individuelle.

  2. emmanuel
    8 mai 2010

    Je ne crois pas que la vidéo-surveillance constitue un véritable moyen de prévention de la délinquance. C’est sûrement vrai dans un petit nombre de cas, mais pas la plupart. A mon sens, la vidéo-surveillance a tout son intérêt dans les enquêtes et les poursuites. La police peut se rendre rapidement sur les lieux, elle peut aussi mener des travaux d’identification des auteurs de délits grâce à l’enregistrement des images. Vous faites bien de rappeler que eux qui n’ont rien à se reprocher ne sont pas inquiétés par les caméras. Quant à ceux qui voient se profiler une société à la 1984, je les invite à faire plus de balades en forêt !

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