c Pour une Mémoire réconciliée

Tous les articles

 

Pour une Mémoire réconciliée

Par Jean-Charles OUAZANA, Conseiller municipal de Dijon

L’Histoire à la fois « glorieuse » et « honteuse », c’est toute l’Histoire de la France dans sa complexité. Tantôt célébrée, tantôt décriée, elle dicte le récit passionnant, saisissant, bouleversant, effrayant aussi de notre beau pays.

C’est une autre Histoire que les instituteurs de la 3ème République, hussards noirs de l’école de Jules Ferry, surent transmettre comme un héritage précieux. Forger les âmes et les consciences de leurs jeunes élèves, telle était leur mission. En faire des citoyens était leur seule fierté. En construisant des figures mythiques, ils construisirent la Nation, souvent bien loin de la vérité, nourris de clichés, ils entretenaient, ô combien, le culte de la patrie et l’amour du pays… Force est de reconnaître que l’on doit aujourd’hui, pédagogues, humanistes ou juste citoyens, face aux difficultés d’une France fragilisée dans sa cohésion nationale, travailler à construire une Mémoire commune. Une Mémoire réconciliée qui rassemble autour de la République, des valeurs universelles et reconnues, sans rien ignorer des épisodes les plus obscurs, même parfois les plus atroces de l’Histoire nationale.

A risquer la raillerie, je suis de ceux qui ne renoncent pas à faire saisir aux plus jeunes, la dimension civique de la Mémoire en appréhendant pleinement le sens de l’Histoire. Par intellectualisme, on a souvent, dans une sorte de dogmatisme, dénoncé le lien fraternel qui rassemble Histoire et Mémoire, comme si elles étaient antagoniques. Or, c’est, j’en suis convaincu, notre conscience et nos capacités critiques qui rendent vibrant cet indissociable lien… Que les Nations aient besoin de justifications pour célébrer leur union n’interdit pas que les yeux soient grands ouverts sur le passé pour envisager l’avenir avec sérénité, bien au contraire.

L’outrance n’est pas permise, pas plus que la caricature à laquelle incite parfois une historiographie orientée et grotesque. Convoquons le bon sens et croyons à une Histoire juste et à une Mémoire vivante qui n’ignore rien… mais ne salit pas tout.

« Faut-il avoir honte de notre identité nationale ? ». Ni honte, ni gloire, en vérité. Il nous faut simplement, malgré une Histoire éclatée loin du « roman national », apprendre une Histoire responsable, lucide et apaisée. Ainsi débarrassée des confrontations idéologiques qui interdisent au fond, sous le paravent vertueux de la démocratie, le débat essentiel, la France triomphera au nom de valeurs qui ont forgé avec obstination notre belle République.

Je veux, comme bien d’autres sans doute, que nos enfants comme mes élèves emportent avec eux le « vibrant souvenir de nos gloires nationales »… Pourtant, qu’on ne s’y trompe pas ! Je célèbre Londres sans oublier Vichy… C’est bien là le devoir de passeur de Mémoire : instruire dans l’ombre et la lumière suffit à nourrir les jeunes âmes d’une fierté retrouvée… la fierté d’être Français, en conscience, sans repentance.

 

1 Commentaire

  1. Deloince
    10 août 2010

    En parlant d’histoire, que penses tu de ses récurrences ? de cette boucle incessante ? du mouvement d’un balancier qui nous amène aux mêmes affres ? J’étais à Auschwitz il y a peu, en larmes dans le mémorial français devant toutes ces photos. Je m’inquiète sérieusement des focales que prend notre président pour regarder la France. Quand le ps n’a rien à dire… je m’inquiète !
    Et toi camarade cow boy de l’école maternelle jusqu’aux bancs de la fac ou aux sièges de l’acropole à écouter les béru ?

    espérant te lire. Tu as mon mail.
    Valéry Deloince

Donnez votre avis !

Name*

e-Mail * (ne sera pas publié)

Website