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Retraites : allons jusqu’au bout

Le Gouvernement entreprend la difficile réforme des retraites. C’est une initiative courageuse, surtout dans la seconde partie d’un quinquennat.

Les solutions, on les connait. Elles sont toutes douloureuses. On peut prendre le problème par tous les bouts, les possibilités sont assez limitées même si elles peuvent se cumuler : reculer l’âge légal du départ à la retraite, augmenter la durée et le montant des cotisations, réduire les pensions et/ou encourager la constitution de compléments de retraite.

Le seul hic, c’est que nous n’en sommes pas à la première réforme des retraites. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy a d’ailleurs débuté par là,  avec la réforme des régimes spéciaux, qui, si elle a permis de restaurer une évidente équité entre les Français, n’avait pas pour ambition de répondre au problème structurel de notre système.

En 1993, Edouard Balladur avait réussi une réforme des retraites particulièrement courageuse : allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 années ; prise en compte des 25 (et non plus des 10) meilleures années pour le calcul des pensions, indexation des pensions sur les prix et non plus sur les salaires.

Il y a quelques années seulement, en 2004, François Fillon, alors Ministre des affaires sociales, a fait adopter une réforme alignant le régime des fonctionnaires sur celui des salariés, allongeant à nouveau la durée de cotisation et développant la  capitalisation individuelle avec la création du plan d’épargne pour la retraite populaire.

Mais, malgré ces efforts, la dégradation financière se poursuit. Le déficit de la Sécurité Sociale était de 22 milliards en 2009. Il pourrait dépasser les 30 milliards en 2010. Si rien n’est fait pour freiner la tendance, l’arrivée actuelle à la retraite de la génération « Baby Boom »  pourrait pousser le déficit à 40 milliards en 2020, voire 115 milliards en 2050.

Alors, oui, il faut réformer les retraites. Mais, faisons-le jusqu’au bout, en regardant la réalité démographique en face. Nous ne pourrons pas continuer de réformer notre système par petite touche tous les cinq ans.

Parce que ce chantier politique et sociétal a aussi, incontestablement, un aspect sinon mathématique, au moins démographique,

Parce que dans un système par répartition, on connait par définition à l’avance le nombre de personnes qui arrive à l’âge de la retraite,

Pourquoi ne pas construire, avec les partenaires sociaux, un système nouveau et équitable, permettant d’adapter en permanence le montant et la durée des cotisations à la pyramide des âges et à la réalité démographique ?

Ce serait faire preuve à la fois de justice, d’anticipation et de responsabilité vis-à-vis des générations futures.

 

4 commentaires

  1. Jean-Baptiste
    13 mai 2010

    Les jeunes s’engagent aussi pour une vrai réforme des retraites.

    Je vous invite à visiter le site des collectifs  » Retraites : générations sacrifiées  » pour suivre notre point de vue.

  2. Alexandre
    14 mai 2010

    N’oublions pas que les pensions de retraite des fonctionnaires sont calculées sur les 6 meilleurs mois de leur carrière… autant dire qu’il y a encore du chemin à parcourir pour arriver à l’égalité entre public et privé……..

  3. Les tweets qui mentionnent Retraites : allons jusqu’au bout -- Topsy.com
    14 mai 2010

    [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Laurent BOURGUIGNAT. Laurent BOURGUIGNAT a dit: Nouveau post sur mon blog. Thème : la réforme des retraites. http://www.bourguignat.fr/2010/05/13/retraites-allons-jusquau-bout/ [...]

  4. Emmanuel
    17 mai 2010

    @ Alexandre ! N’oublions pas également qu’il n’y a pas QUE des fonctionnaires dans la fonction publique. Il y a également (de plus en plus ?) des contractuels de la fonction publique (certes en CDI) mais assujettis au régime du privé (50% des 25 meilleures années).
    L’une de mes questions concerne « la pénibilité au travail »… comment estimer cette pénibilité !

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