c
Par François PILLON, Docteur en Pharmacie
Etre addict à son i-phone, aux aventures extra-conjugales,…. sont autant de petites expressions extrêmement employées dans notre quotidien.… Aussi, le terme « addiction » est devenu de plus en plus fréquent. Il désigne à la base une dépendance à l’usage d’une substance psycho-active dont l’absence de consommation engendre un malaise psychique, voire physique, incitant le consommateur devenu dépendant à reprendre sa consommation. Aujourd’hui, de ce problème de santé publique, nous ne pouvons ignorer qu’il touche toutes les catégories sociales… et sur la pyramide des âges surtout les jeunes. Si le tabac et l’alcool sont les exemples mêmes des substances psycho-actives en vente libre, les autres addictions, moins connues du grand public, sont d’autant plus inquiétantes qu’elles obligent le sujet à des comportements délictuels pour s’en procurer.
Parmi les substances les plus courantes, citons le cannabis, la cocaïne, l’héroïne ou encore l’ecstasy. Pour information, le cannabis s’utilise surtout fumé, c’est un révélateur de l’humeur pouvant favoriser l’entrée dans une schizophrénie chez un sujet prédisposé. La cocaïne, elle, s’utilise sniffée et est utilisée comme stimulant ; elle est susceptible d’engendrer, entre autres, des complications cardio-vasculaires. L’héroïne, quant à elle, est un dérivé morphinique, utilisée sniffée ou par injection, pouvant conduire à des overdoses. Enfin, l’ecstasy, est la « drogue techno » par excellence ; elle produit une sensation de communication particulière avec son corps, en accord avec la musique rythmée des soirées techno.
Devant les complications somatiques, psychiatriques et sociales (« désinsertion » avec marginalisation sociale), les pouvoirs publics doivent agir. Pour plus de clarté dans ce petit exposé, prenons l’exemple de l’addiction à l’héroïne. Du fait des échanges de seringues chez les toxicomanes, cette drogue est responsable de complications infectieuses (hépatite C, VIH). Les autres complications sont psychiatriques (troubles anxieux, dépressifs, psychose) et surtout sociales (précarité, perte d’emploi, délinquance et suites judiciaires). L’élu local a pour mission, dans un souci de santé publique, de s’investir dans des campagnes de prévention à destination du grand public ou plus ciblées sur la population toxicomane. Les collectivités locales peuvent également nouer des partenariats avec les associations spécialisées. En Côte-d’Or, la Société d’Entraide et D’Action Psychologique (SEDAP), soutenue notamment par le Conseil général, propose aux jeunes toxicomanes de bénéficier d’une prise en charge (soutien psychologique, prescription d’un traitement de substitution). De plus, cette association participe à un programme d’échange de seringues dans les pharmacies de la région dijonnaise permettant de réduire la transmission de pathologies infectieuses.