c Quand la Bourgogne incarne « La France éternelle »

Tous les articles

 

Quand la Bourgogne incarne « La France éternelle »

Discours prononcé en introduction à la conférence-débat du Cercle Gaulliste du 3 Juin 2010 consacré à l’ouvrage de Gilles PLATRET, « De Gaulle et la Bourogne » :

Mesdames, Messieurs,

Je suis heureux d’ouvrir cette nouvelle conférence du Cercle Gaulliste. Je vous remercie d’avoir, à nouveau, répondu nombreux à l’invitation que nous vous avons lancée.

Alors que nos deux précédentes rencontres, sur la réforme des collectivités locales et sur l’avenir de la sécurité sociale, s’inscrivaient au cœur de l’actualité, nous vous proposons ce soir, à l’approche de l’été, une rencontre d’une autre nature, à la fois historique et littéraire, avec la présentation de l’ouvrage de Gilles Platret : « De Gaulle et la Bourgogne ».

Un sujet que le Cercle « ne pouvait pas rater » et qui va nous permettre de re-découvrir les grandes étapes de la vie du Général de Gaulle, sous le prisme particulier de notre région.

Dijon, comme de nombreuses villes de France, a rendu hommage au Général de Gaulle qui y a séjourné à huit reprises :

A la Libération, il a été envisagé de rebaptiser la place d’Armes, l’actuelle place de la Libération, du nom du Général mais les communistes s’y sont opposés. C’est à sa mort en 1970 que la partie supérieure du Cours du Parc, sans doute la plus belle avenue de notre ville, a reçu l’appellation « cours Général de Gaulle ». Plus récemment, en 1990, le lycée du nouveau quartier de Pouilly, l’un des premiers de France à proposer une section européenne, est baptisé « Général de Gaulle ». On peut d’ailleurs toujours voir dans le hall d’entrée de l’établissement le buste offert par Raymond Janot, Président du Conseil régional de l’époque.

Mais, comme souvent en matière de dénomination de rues ou de monuments, ces lieux sont devenus le quotidien des Dijonnais et leur nom propre est devenu peu à peu un nom commun. On a tendance à oublier leur signification, la reconnaissance et la gratitude que la Ville de Dijon, par leur intermédiaire, souhaite exprimer à jamais.

L’ouvrage de Gilles Platret nous rappelle, et, pour beaucoup, nous dévoile, le lien particulier entre le Général de Gaulle et la Bourgogne.

Nous découvrirons que le grand-père du Général de Gaulle, Julien, puis son propre frère, Jacques, ont étudié la généalogie de la famille. Ils ont mis en lumière, par un travail long et fastidieux, ses racines Bourguignonnes, remontant jusqu’à 1340, date à laquelle une simple lettre révèle la présence d’un ancêtre du Général dans le Charolais.

Nous évoquerons la Boisserie, qui, d’une certaine manière, a bien failli être Bourguignonne. En effet, avant de jeter leur dévolu sur Colombey-les-deux-Eglises, les époux De Gaulle ont visité trois demeures du Chalonnais pour en faire éventuellement leur résidence familiale.

Nous entrerons ensuite dans l’Histoire :

-           en abordant la Guerre et la façon dont la Bourgogne a répondu à l’Appel du 18 Juin, dont elle a participé à la Résistance.

-          en évoquant la Libération avec l’organisation du Gouvernement Provisoire dans notre région, le rôle clé de Jean Bouhey et le déplacement à Dijon du Général de Gaulle en octobre 1944.

Gilles prend d’ailleurs la peine de citer et de présenter les 36 compagnons de la Libération natifs de la Bourgogne. Il parle de Marius Guyot, de Jean Mairey, d’André Jarrot…  Je dois dire qu’au moment de lire ce passage du livre, je n’ai pas pu m’empêcher de repenser à une polémique récente et au manque de considération qu’a parfois la municipalité pour l’autorité militaire et, à travers elle, pour tous les hommes qui ont défendu, qui défendent, notre pays et les valeurs qu’il porte.

Nous parlerons ensuite de la période du RPF, le Rassemblement du Peuple Français, avec les différents déplacements du Général de Gaulle en Bourgogne. Sans vouloir déflorer le sujet, le récit de l’organisation du meeting d’octobre 1949 au Foulon est particulièrement croustillant puisqu’un débat très vif a opposé au sein du Conseil municipal le groupe RPF mené par le Colonel Prat et le Chanoine Kir au point que la Ville a finalement refusé d’inviter officiellement le Général de Gaulle.

Cette anecdote sera peut-être l’occasion pour Gilles d’aborder les relations entre le Général de Gaulle et le Chanoine Kir.

Enfin, nous évoquerons Charles de Gaulle Président de la République. Il a consacré à la Bourgogne l’un des premiers déplacements de son mandat. Du 16 au 19 avril 1959, il a en effet sillonné notre région, parcourant 1500 kilomètres et prononçant pas moins de 51 discours. Au-delà du récit de ces journées mémorables, nous décrypterons les messages politiques qu’est venu délivrer le Chef de l’Etat, que ce soit sur l’agriculture, la viticulture, l’industrie, mais également, s’agissant plus spécifiquement de Dijon, de la politique qu’on n’appelait pas encore « de la Ville » puisque le Général s’est rendu dans le tout nouveau quartier des Grésilles pour évoquer la crise du logement en milieu urbain.

Certain de vous avoir suffisamment « mis en appétit », je ne veux pas allonger mon propos.

En revanche, je tiens à remercier très chaleureusement Gilles Platret de nous consacrer cette soirée. Gilles est historien, auteur de plusieurs ouvrages historiques sur la Bourgogne, dont Emmanuel Florentin va nous dresser la liste dans un instant.

Vous le savez, au Cercle Gaulliste, la politique n’est jamais très loin. Alors, je ne peux m’empêcher de signaler que Gilles est le Secrétaire Départemental de l’UMP en Saône et Loire. Conseiller municipal de Chalon-sur-Saône, il a mené avec courage, dans des conditions extrêmement difficiles, la liste de la majorité présidentielle en 2008. Je suis ravi de le voir, mois après mois, émerger dans le paysage politique car, par son profil, par sa dimension, il nous rappelle que pour réussir durablement en politique, la communication et les postures médiatiques ne suffisent pas, que rien n’est possible sans des convictions profondes qui, seules, enracinent un engagement au service de ses concitoyens.

L’ouvrage « De Gaulle et la Bourgogne » est un ouvrage passionnant. Nous vous proposerons, naturellement, à l’issue de la conférence, de l’acheter et de vous le faire dédicacer par Gilles.

Ce n’est pas un livre politique car on y trouve d’abord la rigueur de l’historien, au risque, comme il est dit dans l’avant-propos, de « contredire ce qui est » pour « exhumer ce qui fut ». Que ce soit les recherches généalogiques de la famille de Gaulle, les actes de Resistance en Bourgogne ou l’organisation des déplacements du Général, tout est passé en revue avec minutie et détails.

L’ouvrage n’en est pas pour autant fastidieux. D’abord parce qu’il est agrémenté de dizaines de photos qui donnent vie au récit. Ensuite parce que Gilles a la plume, la faculté – sans doute innée – de rendre accessibles les propos les plus compliqués. Enfin et surtout parce qu’on sent l’historien engagé, passionné, vibrant au rythme de la vie, du message, de l’œuvre du Général de Gaulle.

Mesdames, Messieurs, chers compagnons,

C’est un privilège que nous avons ce soir de recevoir Gilles Platret et de prendre le temps d’évoquer son passionnant ouvrage, dans lequel, pour paraphraser le Général, nous serons nombreux à trouver « une source d’ardeurs nouvelles ».

 

Donnez votre avis !

Name*

e-Mail * (ne sera pas publié)

Website