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Crise : l’Europe à la croisée des chemins

 
 
 
Par Yannick HOPPE
Secrétaire général du MEF 21/71

Il y a 60 ans, le 9 mai 1950, la déclaration audacieuse et réaliste de Robert Schuman changeait le cours de l’histoire européenne : « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait. »  Jamais le message des pères fondateurs de la construction européenne n’a été aussi moderne que cette année où la célébration du 9 mai est intervenue sur fond de crise majeure de l’Union Européenne et de la zone euro.

L’Europe, malgré les nombreux acquis de ces 60 dernières années,  montre pourtant aujourd’hui des faiblesses qui détournent  l’opinion publique de l’idée européenne. Jamais nos concitoyens n’ont semblé aussi résignés face au projet communautaire. Ils ont l’étrange sentiment que l’Europe ne les protège pas ou pas suffisamment. Même si les doutes et les inquiétudes légitimes demeurent face aux répercussions sociales et politiques de la crise, force est de constater que l’Europe les a contenu, que la  zone euro nous a protégé des dévaluations synonymes de lourde baisse du pouvoir d’achat, que notre marché intérieur européen a résisté face à ceux qui plaidaient un retour du protectionnisme.

La crise a été un révélateur du fonctionnement européen. Les déficits publics dans bon nombre de pays ont atteint une cote d’alerte : Grèce, Espagne, Portugal, … L’Europe ne peut jouer pour le moment un rôle moteur contre la crise car les décisions économiques et budgétaires restent de la compétence des 27 gouvernements étatiques. Qu’il s’agisse de l’aide pour Haïti, de l’échec du sommet climatique de Copenhague ou du plan de soutien à la Grèce, les Etats membres préfèrent ainsi jouer leur propre partition là où l’orchestre européen aurait besoin de jouer d’une seule voix, avec le pouvoir et les outils nécessaires pour envisager une approche commune, économique, et budgétaire.

Face à la crise économique et financière mondiale dont chacun connaît la gravité (suppressions d’emplois, aggravation des déficits publics, …), nous avons plus que jamais besoin d’Europe, de plus d’Europe et d’une Europe capable de décider de son destin. En 2010, la croissance atteindra à peine les 0,9 % du PIB dans la zone euro contre 10 % en Chine, 7 % en Inde ou 4,8 % au Brésil. Compléter l’édifice communautaire par un véritable gouvernement  économique de l’Union permettrait de repositionner l’économie  européenne sur le chemin de la compétitivité et de la croissance et donnerait le signal que l’Europe ne veut pas rester en marge de l’histoire du monde.

Face à ces enjeux, l’UE est à la croisée des chemins.  L’ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt a affirmé récemment que « regarder vers le traité de Lisbonne en espérant que le vent tourne est insuffisant ». Permettre à nos concitoyens de se réapproprier une conviction européenne est une ardente obligation. Rappeler sans cesse à ceux qui seraient tenter en cette période de crise de voir dans l’Europe le coupable ou le problème que l’elle reste aujourd’hui comme demain la solution est le meilleur moyen de faire du rêve de nos pères fondateurs une réalité !

Yannick Hoppe
Secrétaire Général du Mouvement Européen France
Section Côte-d’Or / Saône-et-Loire
Vice-Président des Jeunes Européens Dijon
 

1 Commentaire

  1. nicolier
    25 juin 2010

    Peu de mots… mais tout est dit sur le nouveau défi européen… Le rêve des pères fondateurs est bien loin depuis quelques années !

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