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A lire sur le site www.dijonscope.com
Le réseau classique de bus à Dijon va connaître une modification profonde le 12 juillet 2010. Une autre interviendra avec l’arrivée du tramway en 2012. Selon Initiatives Dijon, le groupe municipal d’opposition mené par François-Xavier Dugourd, il existe des interrogations et des imperfections sur le nouveau réseau Divia 2010. Le slogan du groupe, « Informer pour bien préparer », ne semble pas avoir été retenu au vu du manque de concertation préalable à ce nouveau tracé. Quels sont les bouleversements à craindre pour tous les usagers à compter du 12 juillet ? Quelles sont les limites du nouveau réseau ? Se dirige-t-on tout droit vers une dégradation du service public apporté aux Dijonnais ? Éléments de réponses…
Le grand bouleversement…
Marie-Claude Mille, conseillère municipale de Dijon et membre de la commission « espace public et déplacements », insiste sur la modification des habitudes des usagers susceptible d’entrainer des bouleversements chez certaines personnes, les plus fragiles notamment, comme les personnages âgées, les handicapés et même les enfants. « Ce nouveau réseau n’est que provisoire, celui en prévision pour 2013 avec l’arrivée du tramway va entrainer des bouleversements à répétition », assure-t-elle.
Un bouleversement du secteur économique est également pointé du doigt par la conseillère municipale : « La modification d’un arrêt pour les commerçants qui sont en périphérie peut occasionner des répercussions graves et influer sur le chiffre d’affaires des commerces en question. Compte-tenu du contexte actuel, ce n’est pas le meilleur des cadeaux qui leur est fait. Et à chaque modification, il faut revoir les arrêts, le mobilier urbain, la signalétique, les travaux de voiries ». Des modifications qui ont un coût… Pour faire face à ces dépenses supplémentaires, un budget d’1,3 million d’euros a été voté au conseil municipal de Dijon le 28 juin 2010.
… sans concertation
Initiatives Dijon condamne une absence de concertation préalable à ce nouveau tracé. En 2004, le passage de la STRD à Divia avait donné lieu à une vaste concertation. Ici, le groupe estime qu’aucune initiative de la sorte n’a eu lieu : « En 2004 avait été mis en place un questionnaire dans les boîtes aux lettres, des discussions dans les conseils de quartier, un supplément « Dijon notre ville » et une tente installée place Darcy pour informer et recueillir les impressions des Dijonnais. Cette fois-ci, rien du tout ! », déplore Marie-Claude Mille.
Pourtant, dans certaines communes de l’agglomération dijonnaise, une consultation des habitants aurait bel et bien été organisée et impulsée par les maires : « Dans d’autres villes du Grand Dijon, des consultations ont été mises en œuvre, j’en veux pour preuve le document conçu et réalisé par la ville de Saint-Apollinaire avec quatre réunions dans les quartiers et un certain nombre de possibilités pour réagir et s’informer. A Dijon, absolument rien, si ce n’est un éventuel plan dans la revue du Grand Dijon. Par ailleurs, ni les organisations syndicales ni les personnels de Divia n’ont été consultés. De vrais soucis résident à la mise en place de ce réseau ». Selon le groupe municipal d’opposition, la concertation n’aurait pas eu lieu car le réseau mis en place le 12 juillet 2010 n’est que provisoire : pourquoi en effet donner lieu à une concertation pour un tracé qui n’est que provisoire après tout…
Désengorgement positif
Laurent Bourguignat, animateur du groupe de travail « déplacements, transports et mobilité » au sein de l’équipe Initiatives Dijon, reconnaît volontiers des points positifs au projet comme une meilleure couverture de l’agglomération et l’anticipation des futurs travaux du tramway via ce tracé provisoire : « L’utilité de ce nouveau réseau doit permettre d’éviter les secteurs noirs, de détourner les bus des endroits stratégiques où il y a déjà simultanément les travaux du tram et une forte circulation automobile. Dans le nouveau réseau, pas un bus ne passe place de la République : c’est une vraie performance de part sa situation géographique dans la ville ». Autre exemple : moins de bus circuleront avenue Jean Jaurès, la liane 4, venant de Chenôve, étant orientée vers l’avenue Eiffel.
Cependant, Initiatives Dijon dénonce un « excès de zèle concernant le changement de certains noms d’arrêts, « qui ont été changés pour changer » : « Quand vous créez un nouvel arrêt, il est normal de trouver un nouveau nom. Par contre, des noms d’arrêt ont été changés sans justification particulière. « Jeannin » va devenir « Carrousel », « Charles le Téméraire » va devenir « Génois ». C’est totalement inutile. A l’inverse, plus problématique pour les usagers, on garde un nom mais il ne désigne plus le même arrêt. « Hôpital » va devenir « Parc des sports » qui deviendra « Montmuzard ». Tout cela n’est pas très sérieux et dommage », déplore Laurent Bourguignat qui voit dans l’absurdité de ces changements des frais supplémentaires et d’inutiles dérangements.
La théorie des ruisseaux
En 2013, avec l’arrivée du tramway, le but du réseau de bus va être d’amener les usagers non plus directement à leur destination, généralement au centre ville, mais à la station de tramway la plus proche pour qu’ils puissent ensuite gagner le centre ville justement en tramway. Selon Laurent Bourguignat, ce nouveau réseau anticipe cette philosophie : « C’est la théorie des ruisseaux qui alimentent la rivière puis le fleuve. Ce qui me dérange ici, c’est que si vous savez que vous devez changer à mi-chemin, vous perdez du temps puisque vous attendez deux bus au lieu d’un. Je doute que tous les usagers aient tous la même patience… Passé l’effet de mode, je crains qu’ils reprennent leur voiture. J’ai peur en effet que certains s’en lassent », anticipe-t-il.
Laurent Bourguignat cite comme exemple le campus qui ne sera plus directement relié à la gare : « Jusqu’à maintenant, le dimanche soir, les étudiants venant de l’Yonne ou de Saône-et-Loire prenaient directement la ligne 5 à la gare pour arriver rue Alain Savary, à leurs résidences étudiantes. Désormais, ils n’ont plus que deux options : soit prendre un bus qui les emmène place Darcy pour en reprendre un autre, soit aller place Darcy à pied avec leurs bagages. C’est typiquement une rupture de charge qui ne nous semble pas pertinente car une liaison directe campus-gare dans une ville relève de l’évidence ».
Trompe-l’œil ?
François-Xavier Dugourd, président du groupe municipal d’opposition Initiatives Dijon, affirme de son côté que plusieurs éléments structurels font craindre une dégradation du service public : « Nous n’avons plus d’arrêts de bus. Nous n’avons plus de lignes. Nous sommes tentés d’applaudir des deux mains et de dire que le service rendu au public va être amélioré… Mais on s’aperçoit qu’il n’y a pas plus de chauffeurs et qu’il n’y a pas plus de bus. Certes il existe plus de points d’arrêt mais il n’y a pas plus de services. Globalement, à l’échelle de l’agglomération, nous allons forcément avoir une diminution des fréquences et un temps d’attente plus long. Nous aurions pu passer par un minimum de concertation, naturel et indispensable, pour ce type de chantier dans une ville ».
Selon François-Xavier Dugourd, le temps de parcours va augmenter sur toute une série de destinations : « Manifestement, on donne la priorité au tramway et on sait que ça coûte très cher. Le vrai problème, c’est la desserte, la qualité de service pour tous les usagers. En terme financier, cette priorité se retrouve dans un certain nombre d’économies réalisé sur le réseau classique, handicapant ainsi une grande partie des Dijonnais qui ne vont pas utiliser le tramway. Ces derniers ne seront pas sur son tracé et devront utiliser des bus classiques. Dans ces quartiers, certains ne vont pas avoir les avantages du tramway mais en auront les inconvénients. Ils auront un service de bus de moindre qualité et devront supporter un trafic autoroutier beaucoup plus important car le tramway va impliquer des transferts de circulation ».
A noter : A partir du 21 juin 2010, un pack informatif « DiviaBouge » devait être distribué auprès des buralistes, à l’accueil des mairies, à l’espace de vente de la Gare SNCF, du Grand Dijon et à l’agence Divia. Ce n’est pourtant toujours pas le cas en date du jeudi 08 juillet 2010…