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Congrès de l’ADF : la dépendance au cœur des débats

J’ai participé cette semaine au Congrès de l’Assemblée des Départements de France (ADF) en Avignon. Il a rassemblé plus de 50 Présidents de Conseils généraux, de nombreux élus et collaborateurs.

La question de la prise en charge des personnes âgées dépendantes a été au cœur des discussions.

En 2001 a été instaurée l’Allocation Personnalisée pour l’Autonomie (APA) qui permet d’aider les personnes de plus de 60 ans à financer les dépenses liées à leur perte d’autonomie : heures d’aide ménagère, travaux d’aménagement du logement, etc… Cette allocation est indiscutablement un progrès social.

Seulement, l’APA devait être financée à parité par l’Etat (50%) et les Conseils généraux (50%). Or, ce principe n’ayant pas été inscrit dans la loi, la répartition est devenue progressivement inégale pour atteindre aujourd’hui environ 1/3 (Etat) contre 2/3 (Départements).

Avec le vieillissement de la population, la dépense croît de façon exponentielle au point que de nombreux Présidents de Conseils généraux, toutes tendances politiques confondues, considèrent que le système est au bord de l’implosion.

La difficulté est unanimement reconnue. Le Président de la République a d’ailleurs annoncé qu’après la réforme de la retraite serait ouvert le chantier de la dépendance.

La question la plus importante sera celle du financement. Si peu d’élus plaident pour la création d’une 5ème branche de la sécurité sociale, plusieurs pistes sont avancées. Par exemple, Bruno Sido, le Président du Conseil général de la Haute-Marne, propose de « travailler » une journée de RTT pour les personnes âgées, dans la logique de la journée de solidarité. Philippe Bas, vice-Président du Conseil général de la Manche, insiste sur le rôle des assurances individuelles, au moins pour prendre en charge l’hébergement et les repas de la personne. D’autres veulent que le Conseil général puisse avoir recours sur succession au décès de la personne aidée. La gauche, toujours prompte à utiliser le levier fiscal, a tendance à plaider pour l’augmentation de la Contribution Sociale Généralisée.

Mais, aussi essentielle soit-elle, la question du financement ne devra pas éclipser d’autres enjeux essentiels du chantier de la dépendance : Comment améliorer la vie des personnes âgées face à la dégradation des solidarités familiales ? Où placer le curseur entre maintien à domicile et placement en établissement, sachant que se développent des formules intermédiaires  conjuguant sécurité et autonomie de la personne ? Comment profiter des réformes pour développer des emplois durables dans le secteur du service à la personne ?

La question de la perte d’autonomie et, plus largement de la place des personnes âgées dans notre société, sera au cœur des débats des prochains mois. Le Conseil général étant la collectivité de la famille, gageons qu’elle animera aussi les campagnes cantonales à venir.

 

2 commentaires

  1. DUBOIS
    25 octobre 2010

    Cher Monsieur,
    Petite leçon de syntaxe : on ne dit pas « en Avignon » mais « à Avignon »….pourquoi? Petite leçon d’histoire : il faut savoir que depuis le XIVe s. le territoire d’Avignon, couvrant plusieurs communes actuelles, constituait un état à part entière appartenant au Saint Siège et gouverné par un vice-légat jusqu’en 1791. On résidait donc  » en Avignon « , comme on pouvait résider  » en Languedoc  » ou  » en Provence. Depuis, la formule appropriée est  » à Avignon  » lorsqu’on parle de la ville stricto sensu

  2. Laurent BOURGUIGNAT
    1 novembre 2010

    Dont acte. Merci de cette précision intéressante.
    Laurent Bourguignat

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