c Finances Publiques : Sortir de l’impasse

Tous les articles

 

Finances Publiques : Sortir de l’impasse

Le Cercle Gaulliste organisait ce vendredi une conférence-débat sur le thème : « Les finances publiques sont-elles vraiment dans l’impasse ? »

Animée par Patrice Raymond, Maitre de conférences en droit public à l’Université de Bourgogne, elle a attiré un public nombreux parmi lequel ont pris place plusieurs élus comme François-Xavier Dugourd (Dijon), Jean-Philippe Morel (Longvic) et Pierre Jacob (Chenôve).

Patrice Raymond a d’abord démontré la gravité de la situation financière de la France : Chaque heure, le déficit se creuse de 7 millions d’euros supplémentaires.

Il a expliqué l’importance d’avoir des finances publiques saines pour préserver l’indépendance nationale. En effet, la dette publique est aujourd’hui détenue à 60% par des entreprises et des ménages étrangers.

Loin de noircir le tableau, Patrice Raymond estime que la France est un des pays qui inspire le plus confiance aux investisseurs internationaux, notamment en raison de son poids politique en Europe, de son rayonnement international et de sa force militaire.

Rappelant les décisions prises au niveau national pour parvenir au redressement du pays, de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) en passant par la réforme des territoires, il a confirmé que les finances publiques sont aujourd’hui dans l’impasse mais que beaucoup est fait pour en sortir. Il a toutefois insisté sur le fait que l’humain doit demeurer au cœur des grandes décisions internationales.

A l’issue de cet exposé très apprécié du public, l’universitaire s’est prêté au jeu des questions-réponses animé par Michel Garreau.

Vous trouverez ci-dessous mon intervention introductive à la conférence :

Chers compagnons, chères amies,

Je vous souhaite la bienvenue à l’Hôtel Mercure pour cette nouvelle conférence du Cercle Gaulliste. Toute l’équipe du Cercle se réjouit que vous ayez été nombreux à braver la neige, le froid, le début du week-end ou les préparatifs de Noël pour vous joindre à nous.

Vous savez, la vie politique (peut-être la vie tout court) est faite de mouvements, de tendances, de modes, de provisoire. Je me souviens bien, qu’il y a près de deux ans, lorsque j’ai proposé de créer un club de réflexion se réclamant du Gaullisme, beaucoup souriaient. Nous étions qualifiés au mieux de nostalgiques, le plus souvent de passéistes.

En vérité, parce que nos convictions sont fortes, ces critiques ne nous ont pas beaucoup touchés. Parce que nous pensons que les valeurs du Gaullisme, telles que la Liberté, l’amour de la France, le sens de l’intérêt général, l’esprit de Rassemblement, constituent les fondements des réponses durables aux malaises de la société contemporaine, nous avons ensemble engagé sereinement notre démarche.

Alors, évidemment aujourd’hui, sans tomber dans une autosatisfaction qui ne serait pas de bon aloi et qui serait surtout en décalage complet avec les difficultés rencontrées par nos concitoyens, c’est avec une petite fierté que nous voyons nos idéaux à nouveau apparaitre comme une référence pour conduire les réformes structurelles indispensables à notre pays.

Ce fut, bien sûr, l’intervention du Président de la République le 9 novembre dernier à Colombey, à l’occasion du 40ème anniversaire de la mort du Général de Gaulle.

Ce fut ensuite, sur un plan politique, la constitution du nouveau Gouvernement dont beaucoup d’observateurs disent qu’il marque le retour des Gaullistes. Je n’ai ni la légitimité, ni l’envie de commenter les choix qui ont été faits. Disons simplement qu’il n’est sans doute pas anodin de voir les notions d’expérience et de compétence, de fidélité et de loyauté, d’éthique et de sens de l’intérêt général, associés à l’arrivée de personnalités Gaullistes au Gouvernement.

Ce sont des qualités qui comptent dans un monde en perpétuel mouvement et où progressent toutes les formes d’insécurité. Indiscutablement, il y a un lien indéfectible de confiance entre le peuple Français et  le Gaullisme. Il nous revient, à notre modeste niveau, ici en Côte-d’Or, d’essayer d’en être dignes.

L’actualité, c’est aussi indiscutablement la situation économique internationale. On l’a vu encore cette semaine avec le plan d’aide à l’Irlande. Notre conférence porte donc sur un sujet brulant : les finances publiques. Un sujet ardu, technique, de prime abord. Pas forcément de nature à agrémenter un vendredi soir. Pourtant, vous verrez que notre intervenant, par son talent, son charisme, peut-être aussi son sens de l’humour, va le rendre étonnamment accessible.

Cet intervenant, c’est Patrice Raymond, Professeur de droit public à l’Université de Bourgogne. Certains d’entre-vous le connaissent peut-être, soit pour être passés par les bancs de la fac, soit pour l’avoir croisé au cours de la campagne de 2008 au cours de laquelle il nous avait courageusement aidé à dénoncer les dérives financières de la Ville de Dijon. Dominique Morin-Martin nous dressera un portrait plus complet dans un instant. Je veux sans attendre le remercier chaleureusement d’avoir accepté notre invitation.

Alors, certains d’entre-vous se demandent peut-être pourquoi s’intéresser à la situation des finances publiques ? Quel est le lien avec le Gaullisme ?

Et bien, tout est parti d’une réflexion d’Yves Guéna, que nous avons eu la chance de voir à Colombey-les-Deux-Eglises le 9 novembre dernier, qui nous expliquait que, selon lui, c’est la dette publique qui constitue aujourd’hui la principale menace à l’indépendance nationale. Avec Jean-Charles Ouazana et Michel Garreau, nous nous sommes demandés quelle était la situation des finances publiques en 1958, lorsque le Général de Gaulle est revenu aux affaires.

En Juin 58, le Général trouve un pays au bord du désastre. Les réserves en monnaies sont épuisées ; les échéances européennes (qui concernaient à l’époque l’abaissement des tarifs douaniers) ne semblent pas pouvoir être tenues ; le déficit public dépasse les 150 milliards d’anciens francs… Face à ce constat, le Général de Gaulle parle « d’atteinte à la dignité nationale ».

Il engage aussitôt le rétablissement économique et financier du pays. Il mène des actions à court terme pour rétablir la trésorerie de l’Etat. Ce sera bien sûr l’emprunt Pinay qui rencontrera un vrai succès populaire avec 870 000 souscripteurs, soit 6% des ménages Français. Ce sera aussi le gel des salaires dans la fonction publique, le blocage des prix agricoles, l’augmentation de la pression fiscale etc…

Parallèlement à ces mesures fortes, le Général de Gaulle constitue un comité d’experts présidé par Jacques Rueff pour mener une action à plus long terme, « un plan à longues vues » selon ses mots. Cette démarche aboutira notamment à la création du nouveau franc, à la réduction drastique des dépenses publiques et à la libéralisation des échanges au niveau européen.

Bien sûr, dans le domaine historique plus que dans tout autre, comparaison n’est pas raison. Il faut se méfier des parallèles hâtifs car chaque situation est différente.

Rappelons tout de même quelques chiffres qui montrent l’état dramatique de nos finances publiques. La dette est estimée par l’INSEE à 1,489 milliards d’euros soit plus de 77% du Produit Intérieur Brut. En 2005, le service de la dette représentait 47,4 milliards d’euros soit la totalité de l’impôt sur le revenu payé par les Français. Enfin, la dette est détenue à 60% par des entreprises et des ménages étrangers ce qui pose clairement la question de l’indépendance financière de notre pays.

Face à cette situation, ce sujet longtemps tabou a enfin été mis au cœur du débat public. Une prise de conscience collective semble peu à peu s’opérer. Patrice Raymond nous dira peut-être tout à l’heure si c’est grâce au sens des responsabilités de nos dirigeants, aux impératifs européens ou tout simplement à un gouffre devenu trop proche pour être ignoré.

Ainsi, le Président de la République a fixé l’objectif de réduction du déficit de l’Etat à 40% entre 2010 et 2011. Dans le projet de loi de finances pour 2011, les dépenses de l’Etat sont stabilisées, plus de 30.000 postes de fonctionnaires supprimés, les moyens redéployés, la traque aux niches fiscales poursuivie. Les efforts touchent tous les acteurs publics avec, par exemple, la limitation de l’augmentation des dépenses d’assurance maladie et le fameux gel des dotations aux collectivités locales.

C’est donc un effort inédit qui est aujourd’hui entrepris au niveau national. Patrice Raymond nous donnera des clés pour mieux comprendre cette tendance de fond mais aussi pour essayer de mesurer si les efforts entrepris sont à la hauteur de la gravité de la situation.

Dans son discours sur la politique de rigueur, par lequel il présente le plan Rueff à la Nation, le 28 décembre 1958, le Général de Gaulle déclare : « J’ai décidé de remettre nos affaires en ordre réellement et profondément. Sans cet effort et ces sacrifices, nous resterions un pays à la traine, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité. Au contraire, si nous réussissons, quelle étape sur la route qui nous mène vers des sommets. »

 Puisse notre pays entendre aujourd’hui l’écho de ce message de sagesse et, surtout, d’espérance.

 

Donnez votre avis !

Name*

e-Mail * (ne sera pas publié)

Website