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« La rigueur n’est pas un gros mot »

Vous trouverez ci-dessous mon intervention au Conseil municipal du 20 décembre sur le budget de la Ville de Dijon :

Monsieur le Maire, Chers collègues,

J’ai écouté avec attention les propos de nos collègues des différents groupes de gauche. On nous parle d’asphyxie, de dérive, de dérapage, d’un Gouvernement forcément attelé à la casse sociale…

En entendant ce concours de superlatifs, il m’est revenu en tête la célèbre phrase de Talleyrand : « Tout ce qui est excessif est insignifiant ».

Or, les difficultés financières des collectivités locales sont tout sauf insignifiantes. Simplement, elles ne peuvent pas être présentées de façon caricaturale en faisant mine d’ignorer le contexte économique national et international.

- Au niveau mondial, la dette publique a gonflé de près de 45% entre 2007 et 2010, soit une hausse de 15 300 milliards de dollars.

-  Au plan national, la dette est évaluée par l’INSEE à 1 489 milliards d’euros, soit 77.6% du Produit Intérieur Brut. Le service de cette dette représente plus de 47 milliards d’euros, soit la totalité de l’impôt sur le revenu payé par les Français.

La situation est tout simplement intenable. Elle plombe le retour de la croissance. Elle affaiblit l’attractivité économique de la France. Elle affecte l’indépendance financière de notre pays puisqu’elle est détenue – il faut le savoir – à 60% par des capitaux étrangers. Enfin, elle fait prendre aux générations futures le risque d’une explosion des prélèvements obligatoires avec ce que cela suppose de privations et d’atteinte à la qualité de vie.

Alors, face à ce constat, je veux dire le soutien de mon groupe à l’effort de réduction des déficits publics engagé au niveau national.

La rigueur, ce n’est pas un gros mot. Elle est même aujourd’hui synonyme de courage et de responsabilité.

Le Gouvernement espère réduire en 2011 le déficit de l’Etat de 152 à 92 milliards d’euros soit une baisse de 40%. C’est un effort sans précédent. Pour y parvenir, et pour la première fois, les dépenses de l’Etat seront stabilisées, en dehors de la charge de la dette et des pensions de retraites.

Pour atteindre cet objectif – et j’en arrive au budget de notre ville pour 2011 – l’effort doit concerner tous les budgets publics. Celui de l’Etat, ceux de la Sécurité Sociale et ceux des collectivités locales.

Alors, je comprends tout à fait que pour un Maire, un Président de Conseil général, un Président de Conseil régional, qui est chargé de préparer un budget, de faire des arbitrages, d’opérer des choix,… il est pénible de voir une partie de ses recettes stagner, voire, comme à Dijon, légèrement diminuer.

Mais, je rappelle que les concours aux collectivités locales représentent le 2ème poste budgétaire de l’Etat après celui de l’Education Nationale.

La Dotation Globale de Fonctionnement, qui représente 75% de ces concours, c’est une somme de 41 milliards d’euros.

Si l’Etat décide de maitriser ses dépenses, je ne vois pas comment il pourrait faire une exception dès son deuxième poste de dépenses et sur des sommes aussi importantes.    Comment demander des efforts aux Français (je pense à la traque aux niches fiscales), aux fonctionnaires (je pense au non remplacement des départs en retraite), aux associations, au mouvement HLM etc… Comment demander à tous de participer à la dynamique nationale et traiter différemment les collectivités locales ? A l’évidence, l’effort, aussi douloureux soit-il, pour être équilibré doit être partagé.

Alors, bien sûr, cela passe par la maitrise absolue des dépenses de fonctionnement. C’est la position de notre groupe qui reconnait les efforts accomplis en ce sens mais qui pointe les marges de manœuvre qui demeurent, par exemple en matière de communication ou de groupement d’achats.

Nous soulignons aussi les dangers d’une baisse trop forte de l’investissement. Les dépenses d’équipement vont chuter de 30% en seulement un an.

Enfin, nous regrettons la nouvelle hausse annoncée des impôts. Si je comprends bien qu’elle ne sera pas supérieure à l’inflation, il n’empêche qu’elle sera bien réelle en volume pour le contribuable Dijonnais.

Si je comprends les inquiétudes et (finalement) la déception de ne pas disposer des mêmes marges de manœuvre que par le passé pour porter pleinement la politique « qu’on croit » la meilleure pour sa ville, j’ai essayé par cette contribution de vous dire notre part de vérité sur le contexte national et international dans lequel s’inscrit ce budget.

Vous l’avez compris, je crois qu’il faut avoir le courage de regarder cette réalité en face.

 

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