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Droits de femmes : Il reste encore à conquérir…

Le Cercle Gaulliste a organisé hier soir à l’Hôtel Mercure une conférence-débat sur le thème : « Droits des femmes : Que reste t-il à conquérir ? »

Aussi incroyable que cela puisse paraitre aux personnes de ma génération, il y a 70 ans, les femmes ne pouvaient pas voter. Nos arrières grands-mères n’étaient pas considérées comme des citoyennes à part entière, au même titre que les enfants ou les étrangers. Elles étaient, croyait-on, sous influence, que ce soit celle de l’Eglise ou de leurs époux, et donc incapables d’avoir une conviction politique autonome. La moitié de la population se trouvait ainsi exclue de ses droits citoyens, en violation totale des principes de Liberté et d’Egalité affirmés pourtant 150 ans plus tôt par la Déclaration des Droits de l’Homme.

Ce qui me frappe, au-delà  de l’inégalité, c’est qu’il n’a été mis un terme à cette injustice insupportable que récemment.

70 ans, c’est seulement deux générations. Je trouve que c’est ce caractère récent qui donne du crédit, de l’utilité, du sens aux discours de vigilance sur l’égalité entre les sexes qu’on a peut-être trop vite tendance à considérer comme dogmatiques.

C’est le Général de Gaulle qui, par ordonnance du 5 octobre 1944, a donné le droit de vote aux femmes et leur a permis de voter pour la première fois lors des élections municipales du 29 avril 1945. Jean-Charles Ouazana, membre du Bureau du Cercle, professeur d’histoire-géographie, a d’ailleurs rappelé au cours de nos travaux les circonstances de cette décision historique.

Michèle Curtil-Faivre, Présidente de l’association des élues municipales de Côte-d’Or, a évoqué l’égalité politique, en notant que nous avons désormais un peu de recul sur la parité puisque cela fait 12 ans que la réforme constitutionnelle consacrant l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux a été votée. Elle a souligné les différentes approches de ce dispositif, de celles qui pensent qu’il est nécessaire d’instaurer une forme de discrimination pour corriger une inégalité de fait, à celles qui considèrent qu’en encadrant les choses, on affaiblit au contraire des femmes qui se seraient naturellement imposées.

Mais, l’idée de la conférence n’était pas de se limiter à la question de la place des femmes dans la vie politique.  Au fond, on s’aperçoit que les principaux freins qui demeurent dans la société ne sont pas forcément là. On butte surtout dans ce domaine, non pas sur un obstacle intellectuel, mais sur des questions techniques de compatibilité des modes de scrutin en vigueur avec des mesures contraignantes.

Pour ma part, je crois que ce qu’il reste à conquérir est plus essentiel dans la vie économique, sociale et sociétale.

C’est pourquoi, nous avons largement abordé l’égalité professionnelle, qu’il s’agisse du niveau de rémunération ou de l’accès aux postes à responsabilités. Tous types de poste confondus, les hommes touchent en moyenne un salaire 37% supérieur à celui des femmes. De même, selon une étude récente de l’APEC, les femmes ne représentent que 34% des cadres d’entreprise ; ce chiffre baissant encore lorsqu’on ne s’intéresse qu’aux seuls cadres chargés d’animer une équipe ou de gérer un budget.

Nous avons aussi parlé d’un sujet encore tabou qui est celui de l’égalité dans l’accès à l’éducation tant il est vrai que les jeunes femmes sont parfois orientées vers des formations moins valorisantes que les hommes.

Ainsi, quand ils se jugent bons en maths, 8 lycéens « garçons » sur 10 vont en filière S contre 6 filles sur 10. Le fonctionnement du système éducatif, des traditions culturelles, la persistance de stéréotypes expliquent en grande partie des différences dans le parcours scolaire et universitaire.

Autre phénomène de société que nous ne pouvons pas passer sous silence : les violences contre les femmes. Une femme meurt tous les 2 jours et demi des violences de son compagnon.  75.000 femmes sont victimes de viols chaque année. 8000 adolescentes sont menacées de mariage forcé.

C’est pourquoi, le Premier Ministre, François Fillon, a fait de la lutte contre les violences faites aux femmes la « Grande cause nationale » de l’année 2010.  Une loi, votée à l’unanimité des Parlementaires, prévoit de nouveaux dispositifs pour prévenir les violences et  mieux protéger les victimes.

Enfin – et c’est peut-être plus difficile à exprimer parce qu’on n’est plus dans le constat mais dans le ressenti -, nous avons parlé du regard porté par la société sur les femmes. Certains clichés ont la vie dure : les femmes qui décident de se consacrer à leur carrière professionnelle sont facilement dépeintes comme d’intraitables « executive women ». Celles  qui choisissent de se consacrer à l’éducation de leurs enfants sont vite décrites comme nostalgiques d’un passé révolu. A cet égard, nous avons écouté avec intérêt le témoignage de Céline Monceret qui est mère au foyer. Elle l’a été dans un premier temps de façon subie, en raison des mutations professionnelles de son mari. Aujourd’hui, elle l’est de façon choisie pour l’épanouissement de ses enfants et probablement aussi pour le sien.

Il me semble qu’on colle aujourd’hui facilement des étiquettes ; qu’on se permet de juger de façon rapide les choix de vie des femmes. Pour ma part, au-delà des questions d’égalité, je crois aux valeurs de la Liberté et de la Tolérance.

La conférence a été un beau succès. J’ai été heureux de placer ce sujet essentiel mais peu abordé dans le débat public local. Le Cercle Gaulliste confirme là toute sa vocation. Il s’agit, non pas de regarder en arrière, mais bien de s’emparer de thèmes résolument contemporains pour, à la lumière des valeurs, de l’expérience, de la fibre gaullistes, leur apporter des réponses solides et durables.

 

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