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Le Sénat ne doit pas devenir un lieu d’opposition systématique

Le 25 Septembre 2011

Le Sénat tient une place à part dans le dispositif institutionnel de la Vème République. Par son mode de scrutin, par son rôle de représentant des territoires, par sa culture du dialogue, il étudie les textes qui lui sont soumis avec un recul, une profondeur et un sens du détail qui lui sont propres. Bien loin des clichés parfois véhiculés, cette prise de hauteur fait sa force.

C’est d’abord pour cela que les résultats des élections sénatoriales de ce dimanche m’attristent. En effet, notre pays traverse une crise économique sans précédent, qui nécessite des réponses fortes, parfois rapides. Or, il est à craindre que la gauche, si elle devait effectivement prendre le contrôle du Sénat, en dénature le rôle pour en faire un lieu d’opposition systématique et ainsi ralentir la dynamique de réformes engagée depuis cinq ans sous l’impulsion du Président Sarkozy.

Ces élections sénatoriales reflètent aussi l’évolution des grands électeurs. C’est un signal clair envoyé aux forces de la droite et du centre. Elles devront demain travailler davantage avec et pour les territoires dans leur diversité, apporter des réponses solides aux préoccupations  du monde rural, des espaces périurbains comme des quartiers. C’est cet équilibre démographique, économique et sociétal qui fera demain la force de notre pays.

Le Sénat, rempart contre les dangers de l’immédiateté

Le 23 Septembre 2011

Les élections Sénatoriales de dimanche seront d’une importance capitale sur le plan politique puisque, pour la première fois, la gauche pourrait devenir majoritaire au sein de la Haute-Assemblée et freiner ainsi la dynamique des réformes engagée par le Gouvernement.

Pourtant, y compris dans les départements où les Sénateurs sortants sont renouvelables, la campagne se déroule dans une indifférence quasi générale. Il faut dire que le mode de scrutin, reposant sur le suffrage universel indirect, ne permet pas, par essence, de mobiliser le grand public.

Parce qu’il est trop peu connu de nos concitoyens, le Sénat est souvent caricaturé : un club de notables vieillissants, un fonctionnement désuet, une utilité toute relative… Les clichés ne manquent pas !

Ayant eu la chance de mieux découvrir cette institution de 2004 à 2008 lorsque je travaillais aux côtés de Louis de Broissia à l’Assemblée des Départements de France, je peux témoigner de sa pertinence et même de sa force dans le dispositif institutionnel de la Vème République.

D’abord, face à la complexité du monde, des problématiques économiques, des enjeux sociétaux, il est par nature pertinent qu’un projet de loi soit étudié par deux assemblées ce qui permet d’avoir une pluralité d’approche, de débat et de légitimité. C’est la plus-value du bicamérisme.

Ensuite, dans une société où triomphe l’immédiateté, il est de la responsabilité des élus, malgré les pressions de toutes natures, de s’imposer le recul nécessaire pour prendre leurs décisions en fonction de l’intérêt général et durable et non de l’émotion du moment. Le Sénat, en imposant, même en procédure d’urgence, une double lecture à un projet de loi, permet cette prise de hauteur.

Elus par des « Grands électeurs » et donc moins en proie aux attentes et critiques, aussi légitimes soient-elles, des habitants d’une circonscription, comme le sont les Députés, les Sénateurs travaillent moins en fonction de l’actualité du jour. Pour l’avoir observé et, sur certains dossiers liés à l’acte II de la décentralisation, y avoir contribué, j’affirme que le travail mené par les Sénateurs et leurs équipes est colossal : Des centaines d’heures de réflexions, de concertations, d’auditions, de visites sur le terrain… pour le moindre texte afin de bien mesurer et anticiper toutes ses conséquences.

Les étiquettes politiques sont bien présentes au Palais du Luxembourg mais ne constituent pas des frontières infranchissables. On aime travailler autant que possible dans le dialogue, voire le consensus. Fait révélateur : la Majorité sénatoriale du Président Larcher est plus large que la Majorité présidentielle !

Il n’en demeure pas moins que le Sénat souffre d’un problème d’image. Qui sait, par exemple, que les femmes y sont mieux représentées qu’à l’Assemblée Nationale ou que l’âge moyen des Sénateurs élus en 2008 n’est que de 57 ans ? Pour donner une image plus moderne de l’institution, la durée du mandat des Sénateurs a été ramenée de 9 à 6 ans. Dans un autre genre, le Palais du Luxembourg multiplie les évènements et les opérations de communication. Malgré ces efforts, selon un sondage de l’IFOP, seuls 25% des Français trouvent le Sénat « moderne ». A mon sens, la clé, ce sont les Sénateurs eux-mêmes qui la détiennent. En Côte-d’Or, le dynamisme d’un Alain Houpert est sans doute la meilleure des réponses à ceux qui doutent de la pertinence de la Haute-Assemblée. Les nouveaux Sénateurs élus ce dimanche devront donc être des élus de terrain, premiers ambassadeurs de leur institution.

 

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